Zoraldia.com |
Ongi ettori Bienvenue Welcome |
|
|
Logiciel libre home Japanese Integrated Learning Tool (extension d'OpenOffice) |
Le Logiciel Libre(Texte publié le 23 août 2009)AvertissementCe texte n'engage que son auteur (le propriétaire de ce site) qui reste attentif à toute remarque ou contradiction de la part de ses lecteurs.Parler du logiciel libreJe lis chaque jour des choses admirables pour la défense du logiciel libre, bien mieux écrites que tout ce que je saurais écrire, pour expliquer ce qu'il est, en comprendre les enjeux, les mettre en perspective avec d'autres combats pour la liberté dans le domaine agricole, scientifique ou artistique (voir le paragraphe sur les brevets) . Alors pourquoi, en rajouter? La réponse est simple. Dans la riche forêt Amazonienne que représente la toile, les chemins sont nombreux et on n'arrive pas toujours facilement sur les textes les mieux écrits et les plus riches. Par ailleurs, dans ce monde de gens pressés et dont le temps libre est accaparé par diverses choses pas toujours très enrichissantes, ces derniers sont parfois si denses et si longs qu'ils ne donnent pas forcément envie d'être lus. Je reste toujours interrogatif sur l'indifférence de la majorité des gens à un sujet aussi fondamental que celui des logiciels libres et celui des "Biens Communs" [1] en général. Beaucoup de gens, qui comprennent pourtant que le numérique gagne tous les pans de la vie quotidienne, que ce soit pour la communication, le commerce, les formalités et les contrôles administratifs, les élections et j'en passe, restent indifférents au risque majeur pour la démocratie que représente le logiciel « privatif » [2], défendu par les monopoles et les lobbies de l'industrie informatique. Ils restent des consommateurs bien plus préoccupés par la satisfaction de leur besoins immédiats (besoins le plus souvent induits par les précédents lobbies) que par la défense de leur vie privée et de leur liberté. Il faut donc relayer les messages. Les faire siens en les digérant (comme on le fait pour un logiciel libre) , parfois les résumer, non pour en réduire leur portée, mais pour éveiller la curiosité du lecteur et le conduire à faire l'effort de fermer un instant son téléviseur et à se lancer dans leur lecture approfondie. Plus nous seront nombreux et de formations ou de sensibilités différentes, plus nos voix trouveront d'oreilles pour les entendre et les écouter. Ainsi, ce texte n'est donc qu'un résumé, une mise en bouche ou une sorte de panneau indicateur qui renvoie à des sources mieux éclairées et plus compétentes. C'est avec mes maigres moyens, car je ne suis ni un informaticien, ni un érudit en droit, que je me risque à jouer ce rôle d'ambassadeur que nous devrions tous jouer, car j'en suis convaincu le logiciel libre est un enjeu majeur pour la liberté et pour une évolution positive de la société tout entière. Et si cela devait conduire à seulement une installation supplémentaire de GNU/Linux ou à une adhésion de plus à l'April ou à la Free Software Foundation, alors j'estimerais n'avoir pas perdu mon temps. Qu'est-ce que le Logiciel Libre?Pour ma part, je présenterais Le Logiciel Libre comme la réunion de deux choses, le tout porté par une large communauté de développeurs et d'utilisateurs. Avoir placé les valeurs éthiques au premier rang ne relève pas du hasard. Il m'est en effet apparu que le Logiciel Libre est la résultante de ces valeurs et que sans elles il n'aurait jamais existé ou tout du moins perduré. De plus, et c'est contre quoi ses pères fondateurs aujourd'hui ont à lutter, le plus grave danger pour le Logiciel Libre serait la perte ou l'oubli des ces valeurs fondamentales au nom de je ne sais quel souci d'efficacité. Il est en effet certain que le Logiciel Libre gagne chaque jour du terrain et que l'attrait qu'offre un édifice aussi performant et entièrement gratuit risque d'amener à lui des utilisateurs de plus en plus nombreux, intéressés par les aspects pratiques et surtout économiques, mais pas toujours conscients de sa richesse éthique et de sa fragilité. Les mêmes valeurs et comportements se retrouvent dans d'autres domaines pour la mise en place des immenses trésors que représentent les Biens Communs que sont, les encyclopédies totalement ouvertes telles que Wikipedia, la revue Biology, l'annotation coopérative des génomes ou l'archivage des radios publiques. Des valeurs éthiques fondamentalesLibertéAu premier rang des ces valeurs vient la liberté Il s'agit de défendre la liberté de l'utilisateur à utiliser son propre ordinateur de la manière dont il l'entend et avec les programmes qui lui conviennent. Les défenseurs du logiciel libre ont coutume de mettre en avant la liberté d'utiliser, de comprendre, de modifier et de transmettre les programmes. Certes ils ont raison. Il est primordial que les informaticiens puissent exercer sans contraintes artificielles leur génie constructeur ou créateur, sans lequel rien de ce dont je parle ici n'aurait d'objet. Mais ce langage est celui d'informaticiens qui parlent à des informaticiens. Pour ma part, je prendrai plutôt le point de vue de l'utilisateur pour qui ce n'est pas le lot commun que de vouloir écrire et transmettre des programmes. Les libertés, qui intéressent l'utilisateur ordinaire et heureusement celles-ci découlent des précédentes, c'est qu'on ne lui impose pas tel ou tel produit pour surfer sur l'internet, pour écouter de la musique ou pour écrire une lettre de protestation à son banquier. C'est aussi qu'au nom de je ne sais quel droit (le plus souvent usurpé et donc contestable) ou au nom de la défense d'intérêts particuliers, on viennent, à son insu, limiter les possibilités de sa machine , l'espionner ou encore l'égarer dans les impasses que représentent certains formats propriétaires. C'est pourtant ce à quoi s'emploient les grandes monopoles de l'industrie numérique, avec l'aide de quelques politiciens, intéressés, incompétents ou aveugles, sous la forme de DRM [3], mouchards filtrants et autres . Partage et coopérationLe moteur du développement du Logiciel Libre prend la forme d'une communauté, parfois divisée sur tel ou tel aspect stratégique, de programmeurs et d'utilisateurs, qui ont compris l'intérêt vital qui en découle à la fois pour la défense de la démocratie et pour celle du progrès technique et scientifique. Cette communauté, ne doit pas être vue comme beaucoup de communautés, comme localisée et centrée sur la défense de certains particularismes (bien que cela n'ait rien de condamnable en soi)[4] , mais plutôt comme un communauté à l'échelle planétaire, ouverte à l'innovation et à la remise en question et, d'abord et avant tout, axée sur le progrès au bénéfice de tous. Dans cette communauté, même si le droit d'auteur n'a pas disparu (et j'expliquerai pourquoi plus loin) tout est placé dans un pot commun de savoir partagé qui s'enrichit de jour en jour. Cette situation est utilisée par les détracteurs du Logiciel Libre à la solde des grands monopoles de l'industrie informatique pour qualifier les défenseurs du Logiciel Libre de « communistes » avec toute la connotation négative que ce terme recouvre. Outre que c'est faux, ceci ne manque pas de faire mouche et d'agir comme un épouvantail dans certaines populations, peu éduquées, promptes à l'amalgame et ne connaissant guère la nuance. Dans le monde du Logiciel Libre, les créations logicielles sont vues, comme toutes les œuvres de la pensée, à la fois comme cumulatives et incrémentales. L'homme, n'a-t-il pas, pour penser, besoin d'un socle culturel qu'il doit assimiler pour le prolonger? Les mathématiques modernes, la physique quantique, le décodage du génome humain, étapes importantes de la pensée humaine, ne résultent-elle pas de l'empilage des œuvres et pensées de milliers de leur prédécesseurs? Dans une lettre à son rival Robert Hooke en 1676, Isaac Newton aurait écrit: "If I have seen
a little further it is by standing upon the shoulders of giants"[5]
Si la phrase fût très souvent reprise, c'est qu'elle est très belle et très forte. Elle invite à comprendre en quoi la pensée des autres quand nous la faisons nôtre, nous ouvre des horizons immenses faits de territoires inconnus qu'il nous appartient d'explorer. Vouloir verrouiller l'accès à la pensée des autres, quelles qu'en soit les raisons, ne peut donc qu'être un frein au progrès. TransparenceLa base des licences libres reste la garantie de transparence. Tout œuvre dite « libre » doit rendre son code source [6]accessible pour qu'il puisse être compris et si nécessaire modifié. Tout œuvre qui en découle se doit d'offrir les mêmes avantages. Cette transparence est une condition fondamentale pour accélérer le progrès, mais elle est plus que cela et beaucoup l'ont compris, en particulier les états et les administrations publiques ou certains grands groupes privés; elle est aussi, en effet, un gage de sécurité et d'indépendance. Sécurité d'abord, car il devient de plus en plus difficile à des sociétés informatiques de placer dans leur produits des logiciels espions qui vous dépouillent de vos secrets ? Indépendance car une alternative, même coûteuse est toujours possible et vous ne restez donc pas pieds et poings liés au fournisseur avec lequel vous avez déjà parcouru le chemin précédent. Cette transparence est anti-monopole par essence. ÉducationA l'inverse des produits logiciels privatifs, qui visent avant tout à faire de vous un consommateur docile et prisonnier, la communauté du libre regarde ses utilisateurs comme de sources potentielles de progrès. Tout est fait pour que chacun puisse devenir un acteur depuis le simple utilisateur qui peut formuler ses besoins ou signaler des erreurs, jusqu'au programmeur de haut niveau. Une pléthore de moyens, du plus simple au plus sophistiqué, est mise à la disposition de tous pour le progrès de tous (forums d'utilisateurs, forums de programmeurs, cours en ligne, compilateurs, ateliers logiciels, etc..). Certes la route peut être longue et difficile, mais n'importe quel adolescent motivé, plutôt que d'être un consommateur passif et captif (ce que lui demandent seulement les grands monopoles de l'industrie numérique) peut s'initier à la programmation, et progresser, du plus simple au plus évolué, sans que ses parents n'aient à débourser le moindre sou, avec des outils au sommet de l'art et les plus performants. Par ailleurs, le projet GNU/Linux, pilier du Logiciel Libre, offre aux populations les plus défavorisées un moyen entièrement gratuit d'accéder aux outils informatiques en évitant d'avoir recours à des utilisations illégales. Des produits logiciels de qualité couvrant de larges besoinsIl existe aujourd'hui un très vaste panel de logiciels libres dont beaucoup gravitent autour du système d'exploitation GNU/Linux. GNU est un acronyme récursif (une sorte de pirouette linguistique) qui signifie « GNU is not Unix »). GNU est en effet une alternative libre à UNIX système d'exploitation propriétaire. Linux en est le noyau (une toute petite partie du système qui interagit directement avec le matériel de l'ordinateur). Il est donc injuste et inexact, comme le font la plupart des gens d'appeler le système Linux. Avec GNU/Linux vous pouvez pratiquement tout faire et énumérer tous les logiciels prendrait beaucoup de temps. Voici un cours résumé de ce que personnellement je fais avec GNU/Linux que j'utilise maintenant depuis près de dix ans: Donc, comme vous le voyez, pratiquement tout ce qu'on peut faire aujourd'hui avec un ordinateur.
Le paradoxe du droit d'auteurUn droit d'auteur nécessaireLes tenants du Logiciel Libre sont a priori contre l'accaparement du savoir et contre toute forme de privation de la liberté à accéder à ce savoir. A première vue cette position devrait se heurter de manière frontale au droit d'auteur. Pourtant, il n'en n'est rien. Le droit d'auteur, qui d'ordinaire est utilisé comme un droit visant à limiter le droit des autres (les utilisateurs aussi bien que les créateurs) est utilisé par les penseurs géniaux du Logiciel Libre (Richard M. Stallman et Eben Moblen) d'une manière radicalement nouvelle: la GPL pour « General Public Licence ». Il ne s'agit plus d'empêcher que l'on étudie, modifie et redistribue un programme mais plutôt d'empêcher qu'on empêche de le faire. Le droit d'auteur est revendiqué ici pour permettre à ses auteurs de poser des conditions qui ne visent qu'à garantir pour les produits dérivés des logiciels libres, la perpétuation de la liberté d'analyser le code source, de le modifier et de le redistribuer. Ainsi il devient difficile de privatiser un Logiciel Libre sans enfreindre ce droit d'auteur. Ce principe juridique est également appelé le Copyleft.[7] Certains parlent de licence virale. Je n'aime pas le terme qui est à connotation négative comme si le logiciel libre était quelque chose de malsain ou de malade. Je lui préfèrerais un autre terme; peut-être licence anticorps. L'idée étant celle d'immunisation plus que de maladie. Dans l'état actuel de la législation, le droit d'auteur est un élément essentiel à la survie du Logiciel Libre, c'est pourquoi tous ceux, qui avec des intentions louables ou pas, souhaitent le voir disparaître sont regardés avec inquiétude par le Logiciel Libre. Un droit d'auteur détourné de son objetLes défenseurs du Logiciel Libre – et ceux du mouvement des Biens Communs en général, ne contestent pas le droit d'auteur au sens de droit moral que lui reconnaît la législation française à être reconnu et à faire respecter son œuvre Ils estiment également légitime que ces auteurs soient rétribués pour les investissements personnels qui ont été consentis dans le processus de création. Mais ceci n'a rien à voir avec l'appropriation éhontée des droits patrimoniaux qui y sont attachés, par les multinationales de l'édition au détriment du droit naturels du public à accéder et à partager ces œuvres et à les prolonger et souvent même aux détriment des auteurs eux-mêmes. Car, comme le montrent des études approfondies d'éminents scientifiques et économistes, il y a d'autres voies pour rétribuer les auteurs que celle de l'accaparement du savoir et de la culture; accaparement qui va à l'inverse du progrès et en élimine les bienfaits potentiels pour la société dans son ensemble Dans un essai très didactique contre le détournement des objectifs du droit d'auteur, R.M. Stallman cite cette phrase de la constitution américaine sur laquelle se fonde le droit d'auteur: "[Le Congrès aura le pouvoir] De promouvoir le progrès de la science et des arts utiles, en assurant pour un temps limité, aux auteurs et inventeurs, un droit exclusif sur leurs écrits et découvertes respectifs." Il rappelle que cette simple phrase de la constitution américaine place le droit d'auteur comme une concession faite aux auteurs et aux éditeurs pour la promotion du progrès. Que: "la Cour Suprême a affirmé à maintes reprises que la promotion du progrès signifie que les travaux couverts par le droit d'auteur bénéficient aux utilisateurs", et que l'intérêt des auteurs et éditeurs n'entre pas ici en ligne de compte. Qu'il s'y affirme en quelque sorte une volonté de défense de l'intérêt exclusif des utilisateurs ( en d'autres mots: le public). Que "c'est une fin en soi ». Progressivement, parfois insidieusement, par glissements sémantiques et conditionnements intellectuels successifs, sous la pression du lobby des éditeurs (les premiers profiteurs du droit d'auteur) on aboutira à ce que le droit d'auteur s'oriente vers la défense prioritaire de l'intérêt des éditeurs, avec la tentative de mise en place de contrôles policiers et d'une justice expéditive. Le Digital Millennium Copyright Act (DMCA) (loi sur le droit d'auteur du millénaire numérique), que R. M. Stallman se plaît à appeler « Domination by Media Corporations Act » et promulguée en 1998 aux États-Unis, autorise les éditeurs à imposer toutes les restrictions qu'ils souhaitent par les moyens de leur choix sur l'utilisation d'une œuvre Les lois DADVSI et HADOPI, récemment votées en France, abondent dans ce sens allant même jusqu'à proposer des mouchards filtrants c'est à dire des dispositifs obligatoires pour l'utilisateur pour sécuriser son accès Internet afin que celui-ci ne soit pas utilisé pour porter atteinte au droit d'auteur. Outre que l'insécurité juridique qu'entraîne une telle mesure condamne pratiquement tous les accès wifi ouverts (jardin public, aéroports, cafés, etc.) elle demande au simple particulier de réussir là où des organismes les plus affutés en la matière ont échoué et en exonère en même temps tous les intervenants techniques (fournisseurs d'accès, fabricants de matériel etc.). Si la mesure n'avait été censurée, cela serait revenu, de fait, à imposer un logiciel propriétaire à tout utilisateur de logiciels libres ce qui est tout à fait contradictoire avec sa philosophie de base puisque ce dernier réclame le droit de contrôler entièrement son propre ordinateur. Par ailleurs, un utilisateur dont l'adresse Internet aurait été frauduleusement utilisée aurait eu, en l'absence de ce dispositif, a prouver son innocence si cet accès avait été utilisé (constat uniquement basé sur l'adresse IP) pour des téléchargements illégaux. On mesurera facilement le niveau d'incompétence des promoteurs d'une telle loi quand on sait que rien n'est plus facile que d'usurper une adresse IP, mais aussi leur mépris démontré, en inversant la charge de la preuve, du principe de base qu'est la présomption d'innocence. Voir article de l'April: "lhadopi-filtrera-aussi-le-logiciel-libre-lapril-condamne"Fort heureusement, pour le moment, le Conseil Constitutionnel, a, dans sa très grande sagesse et par deux fois (HADOPI1 et HADOPI2), rejeté cette mesure (lire l'excellent article de l'April sur ce sujet). Néanmoins la vigilance reste de mise tant l'acharnement à défendre cette logique d'appropriation et de contrôle policier est grand. Logiciel libre et brevets logicielsDisons le carrément, le Logiciel libre est contre les brevets logiciels. Je suis aussi personnellement très réservé sur l'utilité, pour la société en général, des brevets tout court. Ces derniers ont pu trouver leur justification dans la promotion du progrès technique. et artistique en des temps de pré-industrialisation à grande échelle, dans le fait qu'il fallait encourager l'effort et aider financièrement les inventeurs, mais mes différentes lectures sur le sujet m'ont progressivement persuadé que les états auraient pu agir autrement pour arriver à des résultats positifs au moins équivalents. Par ailleurs, à quelque époque que ce soit, depuis les monopoles de la Grèce antique, en passant par les Lettres Patentes du Moyen Âge ou les privilèges de la Venise du XV ème siècle, jusqu 'aux formes plus modernes de nos brevets, le système a toujours dérapé, laissant le champ libre au favoritisme, à l'arbitraire, à l'escroquerie et à la corruption pour aboutir aujourd'hui à l'accaparement du progrès par des consortiums assoiffés de possession et de pouvoir. Je n'ai ni le temps, ni l'envie ici, d'écrire un quelconque essai démonstratif de ma position; d'autres l'ont très bien fait avant moi (suivre les liens de ce site). Je livre seulement ici ma conviction intime. Car, pourquoi, au nom de la sacro-sainte propriété intellectuelle laisserions-nous les multinationales de l'agro-alimentaire accaparer le savoir ancestral des paysans du monde entier pour le privatiser, en rendant les mêmes paysans dépendants de leur détournement des lois de la nature comme, ils le font par exemple, en mettant sur le marché des semences dont la récolte est non ré-ensemençable? Pourquoi encore, laisserions-nous les maladies les plus graves se développer en Afrique et ailleurs parce que des brevets bloqueraient la possibilité pour eux de recourir à des médicaments pourtant connus aujourd'hui? Pourquoi, accepterions-nous, qu'un brevet octroyé sur un principe trivial, comme il s'en octroie beaucoup aujourd'hui, empêche nos informaticiens de faire avancer le champ de la maîtrise technologique? Et d'ailleurs, sommes-nous réellement propriétaires de nos pensées ? Ne devons-nous rien, dans la genèse de nos idées, aux grands penseurs de tous les âges, à nos professeurs, à tous ceux que nous avons lus, à tous ceux que nous avons écoutés au hasard de nos rencontres, réelles ou virtuelles ? Je reste pour ma part persuadé, qu'un esprit isolé ne peut rien. Il a besoin pour avancer, du tremplin de la pensée des autres. Certes, il est bon de reconnaître l'effort et le mérite des inventeurs, des promoteurs d'idées nouvelles, mais faut-il pour autant sacraliser la notion de propriété intellectuelle ? La connaissance et la pensée doivent-elles être reléguées au rang de simples marchandises? Le modèle de la compétition sauvage ne doit-il pas maintenant céder la place à celui de la coopération réelle et bien plus productive ? La culture est un domaine d'abondance où le partage doit être de mise. Y organiser une rareté artificielle au profit de certains intérêts particuliers est un crime contre le progrès de l'humanité. Déjà dans de nombreux domaines certains nous montrent le chemin: Logiciel Libre et économieIl existe aujourd'hui une réelle économie autour du Logiciel Libre portée par des entreprise de tailles très diversifiées. A la différence du modèle économique créé autour de la situation de rente basée sur la culture du secret autour de la maîtrise d'un code et le maintien à distance des concurrents par divers artifices juridiques tels que les brevets; l'économie du Logiciel libre repose sur la mutualisation autour de briques logicielles standard et sur la réactivité à mettre sur le marché des solutions adaptées aux besoins propres d'un client. Par ailleurs, les licences utilisées confèrent aux entreprises un excellent niveau de sécurité juridique, ce qui est un facteur supplémentaire à l'accélération de l'innovation. Ce modèle favorise la coexistence de petites sociétés spécialisées et de grand groupes. Le niveau de sécurité et d'indépendance associé aux solutions libres, séduit de plus en plus les entreprises , les administrations et les états soucieux de leur indépendance et de la préservation de leurs secrets. Un point fort du Logiciel Libre est de fournir des applications pérennes , dont les évolutions et les coûts ne dépendent pas de la stratégie propre d’un éditeur unique. Ceci se traduit par une plus grande diversité de l'offre, un meilleur niveau de concurrence et une plus grande garantie de transparence. Rien qu'en France , selon le Livre Blanc de l'April sur les Modèles Économiques du Logiciel Libre, le chiffre d'affaire de l'industrie de Logiciel Libre aurait atteint 500 Millions d'euros en 2006 et devrait être multiplié par 10 d'ici 2010. Logiciel Libre et PolitiqueLa défense des libertés fondamentales portées par le Logiciel Libre (et les Biens Communs en général) n'est aujourd'hui l'apanage d'aucun parti politique, ni même d'aucun système politique en particulier. Le monde politique, oblige ses acteurs à tant de contorsions et à tant de compromis, qu'il serait simpliste et hâtif de tirer des conclusions, à la seule vue du nombre des signataires [8] du Pacte du Logicien Libre ou même des votes sur tel ou tel projet de loi. Ces éléments sont indicatifs mais il faut prendre en compte les mécanismes subtils de la discipline de parti quand on est au pouvoir et la situation de relative facilité de ceux qui n'ont qu'à s'opposer. Je suis loin d'être certain, par ailleurs, que tous ses soi-disant [9] défenseurs, soient d'ailleurs passé de la parole à l'acte, en équipant leurs propres ordinateurs de logiciels libres. De plus le mouvement du Logiciel Libre, et des Biens Communs en général, ont peu à gagner d'une quelconque récupération politique. En effet, le choix politique que l'on fait au moment de mettre son bulletin de vote dans l'urne est toujours un compromis qui résulte d"une sorte de moyenne que l'on fait entre telle et telle attente. La défense du Logiciel Libre, n'est pas la seule chose qui préoccupe les gens, à supposer qu'ils en soient partisans. Alors, commencer déjà par défendre la cause, ne la vendre à personne et laisser les gens libres de leur vote, en pleine connaissance de cause, me semble être l'attitude la plus pertinente à adopter. Comment défendre le Logiciel LibreIl y a différents moyens de défendre le Logiciel Libre. Le premier et le plus simple c'est de l'utiliser. Il existe aujourd'hui un grand nombre de distributions de GNU/Linux. Les plus connues sont: Mais, peut-être moins connues, les distributions reconnues comme les plus proches de la philosophie GNU sont:Installer GNU/Linux sur son ordinateur n'est pas plus compliqué que d'installer Windows ou tout autre système d'exploitation. Cela nécessite cependant quelques notions sur le partitionnement des disques, car à la différence de Windows qui écrase tout sur son passage, GNU/Linux se fait sa place en préservant les systèmes d'exploitation existants et en permettant le démarrage de multiples systèmes (multiple boot). Ces notions sont cependant assez élémentaires et les acquérir reste à la portée d'un non spécialiste. Par ailleurs, la communauté offre une multitude de pages d'explication et de forums et vous ne vous sentirez jamais seul. Le second moyen c'est de refuser la vente liée d'un ordinateur et de son système d'exploitation, le plus souvent Microsoft Windows, et d'exiger le remboursement du prix de ce système. Si vous êtes un tant soit peu habile de vos mains, vous pouvez, comme je le fais, acheter un ordinateur en pièces détachées et y installer votre distribution GNU/Linux préférée. Il sera toujours, à prix équivalent, d'un niveau de performance supérieur à un produit de marque pour peu que vous soyez attentif à l'harmonisation de ses composants. Un autre moyen consiste à rejoindre les associations qui défendent le Logiciel Libre. Personnellement, je suis membre de l'April qui est une association active et qui respecte la pluralité de ses membres. Nul besoin d'être informaticien car il y a de nombreuses manières de participer (traduction, conseil juridique, actions pédagogiques, création artistiques, etc.). Vous pouvez également en être l'ambassadeur en en parlant autour de vous comme je le fais ici ou en apportant votre aide à votre entourage pour son utilisation.
Notes Pour reprendre le fil du texte, cliquez sur le numéro de la note. [1]La notion de biens communs est une notion centrale du mouvement du Logiciel Libre aussi bien que de certains mouvements d'artistes et de scientifiques qui refusent l'appropriation par un petit nombre de certains biens informationnels qu'ils reconnaissent comme appartenant à tous. [2]Llogiciel privatif doit être entendu comme logiciel qui prive des droits associés à la notion de logiciel libre. Le terme logiciel propriétaire est souvent employé, mais ce terme est moins discriminant dans la mesure où propriété et logiciel libre ne sont pas des notions qui s'excluent mutuellement. [3]DRM ou Digital Rights Management que la Free Software Foundation propose d'appeler Digital Restrictions Management. Voir la position de la FSF sur ce sujet [4](...) et soit même louable lorsqu'il s'agit de défendre un patrimoine culturel comme celui des langues et coutumes régionales, à la condition cependant que cela ne remette pas en cause des valeurs aussi fondamentales que la liberté, la laïcité et l'égalité devant la loi. [5] "Si j'ai pu voir un petit peu plus loin, c'est en me tenant sur les épaules de géants." [6] Le code source d'un logiciel consiste en la partie textuelle, intelligible aux humains de ce logiciel. Il existe plusieurs langages de programmation que les humains utilisent pour fabriquer du code source (Java, C++, Perl, etc.). Ce code source est ensuite transformé en une suite de codes binaires ou code "machine" (écrit avec des 0 et des 1) par des outils spécialisés appelés "compilateurs". Pour exécuter, un logiciel, seul ce code machine suffit ,mais ce dernier est pratiquement inexploitable par les humains [7]Ce type de licence n'est d'ailleurs pas spécifique au Logiciel Libre puisqu'il existe également des licences en Copyleft pour les créations artistiques comme, par exemple, la Licence Art Libre. [8] A la date de rédaction de cet article, le Pacte aurait été signé par PS: 49, UMP: 11, PCF:4,les Verts:3,UDF 1, Nouveau Centre:1, Debout La République:1,Rassemblement de la Gauche pour résister:1, Mouvement Républicain et Citoyen: 1. [8] Le qualificatif "soi-disant" n'est pas à prendre dans son acception commune qui évoque le doute ou la remise en question, mais dans son sens premier de "personne qui se dit elle-même". |
LIENS
Lectures recommandées Cause commune par Philippe AIGRAIN Internet et Création par Philippe AIGRAIN Livre Blanc de l'April Les modèles écomnomiques du Logiciel Libre Les principaux défenseurs du Logiciel Libre
![]() La Quadrature du Net Ma distribution GNU/Linux préférée
Oui on peut changer le monde
|
||
|---|---|---|---|---|
|
Previous
|
Home |
Next |
||
| ZORALDIA.COM | Conctactez moi 38.107.191.96 | Ce site ne garantit en aucune manière l'exactitude de son contenu. L'utilisateur est responsable des conséquences engendrées par son utilisation. En utilisant ce site l'utilisateur reconnait avoir lu et accepeté ses conditions d'utilisation. |